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Les dunes comptent pas pour des prunes

Après 3 heures de vol et avoir reculé nos montres d’une heure, nous débarquons dans le minuscule aéroport de Sao Luis, à l’extrémité du Nordeste. Et là pour la première fois, nous prenons conscience du poids de nos sacs à dos et des joies de prendre le bus avec, notamment lorsqu’il s’agit de franchir les petits tourniquets qui donnent accès aux places assises. Un rapide déjeuner avalé à la rodoviaria et nous voilà partis pour 4 heures de car, direction Barreirinhas, où nous arrivons bien après la tombée de la nuit et… sans pousada. Notre belle promesse d’Ouro Preto vient déjà de voler en éclats ! Les sacs en position (le gros sur le dos et le petit sur le ventre), nous partons à la recherche d’un lit, en croisant les doigts pour trouver ceux indiqués dans nos guides. Grâce à une petite négociation, on échappe de justesse à une chambre un peu glauque avec douche et toilettes dans la cour intérieure, au profit de sa voisine, nettement moins insalubre. Ouf !

Après une nuit sous la moustiquaire, une bonne douche (froide) et un grand bol de café, nous partons voir à quoi ressemble de jour cette petite ville fluviale, porte d’entrée du parc Lençois Maranhenses. Pour s’y rendre, rien de plus simple, on embarque dans l’un des nombreux 4×4 qui proposent l’excursion, et après avoir traversé le fleuve sur une espèce de plateforme poussée par une barque, on file pied au plancher dans les pistes de sable – non s’en manquer de s’embourber – jusqu’à atteindre des lagons bleu azur au milieu d’immenses dunes blanches. Enfin d’après les cartes postales, car là le seul lagon qui n’était pas à sec tirait plutôt sur le vert foncé, ce qui n’empêchera pas d’y piquer une tête et de faire quelques photos de ces extraordinaires paysages, malgré un ciel un peu voilé.

De retour, nous partons dîner chez le Rei da Tapioca, qui dans sa cabouette qui ne paie pas de mine, prépare de délicieuses petites galettes à la carne do sol com quejo. Un petit jus de guarana pour digérer (une vidéo suivra bientôt dans la rubrique Tourista) et au lit, car le lendemain les choses sérieuses commencent puisqu’une expédition d’un jour et demi nous attend pour atteindre notre prochaine destination.

Le départ est fixé entre 8 et 9 heures en face de la Banco do Brasil, où nous trouvons effectivement un 4×4 Toyota (qui truste 100% du marché !) pour nous conduire 2 heures et demi durant, à travers des pistes de sable et sans la moindre indication à la ronde, jusqu’au petit village de Paulino Neves (inutile de le chercher sur une carte). Après 1 heure d’attente à la terrasse de la maison d’un certain Dom Carlo, celui-ci nous fait signe (en fait il nous parle mais on ne comprend toujours rien) de monter à bord de son 4×4, avec lequel il nous conduira, nous et quelques villageois ramassés au passage, jusqu’à Tutoia, à 1 heure et demi de « route ». De là nous prenons un bus (enfin le retour du goudron !) qui en 2h30 de trajet nous emmène à Parnaiba, suivi d’un autre jusqu’à Camocim (soit 2h de plus au compteur), où selon notre habitude, nous arrivons de nuit et sans pousada. No comment. Rien de tel qu’un petit km à pied avec les sacs sur le dos pour chercher un hypothétique hôtel le long de la plage et finir par rebrousser chemin et choisir celui juste en façade la gare routière…

Le lendemain matin dès 8 heures nous sommes de retour dans le bus pour gagner Jijoca, à 1h30 de là. Une fois sur place, reste plus qu’à attendre le bon vouloir d’un 4×4 qui, une fois le plein de marchandises et de voyageurs fait, nous conduira pendant une grosse demi-heure à travers les dunes jusqu’à notre destination finale, Jericoacoara ! Faites sonner les trompettes !

Ce petit village sis au milieu du sable et au bord de l’océan se mérite mais il vaut largement le détour. La population est composée d’un mélange de pêcheurs, de surfeurs à l’année et de touristes, le véhicule local est le buggy et une maison sur deux abrite une pousada. Nous trouverons notre bonheur chez Cleber, sympathique brésilien (anglophone de surcroit !) dont la colorée  pousada Ibiscus offre tout confort : chambre agréable, eau presque chaude, wifi et petit déjeuner complet de premier choix. Nous nous octroyons généreusement deux belles journées de farniente, entre plage, sucos de fruits frais (ou vitaminas pour la version milkshake), baignade, crevettes, plage, coco…

Jeri est aussi un spot de planche à voile renommé et je ne résiste pas à m’y essayer. Au final je passerai une heure à m’épuiser pour sortir la voile de l’eau au milieu des vagues, tandis qu’autour de moi c’est un ballet de sauts périlleux et autres figures incroyables. Aurais-je présumé de mes forces ? Il est aussi possible de faire du sandsurfing, hélas nous n’aurons pas le temps cette fois mais ce n’est que partie remise. Ce petit séjour est passé très vite et c’est avec regret que nous quittons ce village au drôle de nom, tout en se disant qu’on y reviendra volontiers dès que nous aurons quelques vacances ;).

De retour à Jijoca via la Jardineira, sorte de camion bus 4×4, nous prenons le car pour Fortaleza, où après 4 heures de trajet (beaucoup plus aisé dans ce sens) et 3 heures à traîner dans la ville, très animée mais sans grand intérêt, nous gagnons l’aéroport non sans mal : le bus, après s’être fait copieusement attendre, fera mille circonvolutions et arrêts en tout genre et mettra près d’une heure pour parcourir les 10 km qui conduisent à l’aéroport, au point que nous avons bien cru rater l’avion et qu’il nous a fallu piquer un sprint avec tout notre attirail sur le dos. Prochaine destination : Natal !

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5 Commentaires Poster un commentaire
  1. Antoine #

    Enfin un jeu de mots moisi dans le titre !
    Après 15 jours, je m’inquietais…
    Ici, c’est génial il fait moins trois et on a sarko qui nous raconte des salades à la tivou !
    Vous faites envie !
    PS : pour tahiti bob, les bras de ton homme ne me semblent pas très musclés, transfère un peu de poids.
    Bises à tous les 2.

    30 janvier 2012
    • hadjsaid #

      Merci d’éloigner Sarkozy de nos enfants et laissons les prendre du bon temps.
      HADJ.

      30 janvier 2012
  2. J’étais sûr qu’il te plairait !
    Ici c’est à peu près 30 degrés de plus, pas facile non plus…
    PS : on arrête l’entraînement et ils fondent comme neige au soleil… ce ne sont pas tes tablettes qui vont me dire le contraire ;p

    1 février 2012
    • Danielle #

      C’est un plaisir de vous suivre dans ce voyage, richesse et émotion sont les maîtres mots de vos commentaires et de vos photos.

      3 février 2012
  3. Aquiltour #

    C’est gentil, merci à vous. Nous serions encore plus contents si nous savions qui se cache derrière ce mystérieux « Anonyme » ;)

    3 février 2012

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