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Pipi caca

Avant de clore le chapitre bolivien, nous vous embarquons pour le lac Titicaca, qu’il faut prononcer Titi9a9a (prononciation accessible seulement aux arabisants), le lac navigable le plus haut du monde, qui culmine à 3 810 mètres.

C’est à Copacabana, ville portuaire que nous faisons nos premiers pas sur les rives de ce lac au nom si célèbre. Nous sommes en pleines festivités pascales. La ville grouille de monde.

Et pour cause, les boliviens sont venus en masse pour se recueillir dans la cathédrale, au pied de la Virgen de la Candelaria. Du plus jeune au plus gâteux, chaque visiteur enflamme son lot de cierges, implorant la vierge d’exaucer ses voeux et de protéger sa famille et ses biens. Ce pèlerinage s’accompagne également d’une coutume beaucoup plus loufoque : les boliviens viennent faire baptiser leurs voitures neuves, apprêtées pour l’occasion de diverses fleurs, paillettes, chapeaux et autres décorations de fort mauvais goût. Très attendrissant…

Cette halte fut aussi pour nous l’occasion de confirmer notre résistance naturelle à la turista, en profitant des délicieux mets des marchés locaux et notamment la trucha (truite), spécialité du coin.

Copacabana est également le point de départ pour l’Isla del Sol, berceau de la civilisation Inca. Nous pensions y trouver un peu d’histoire dans les ruines du temple du soleil, mais les quelques amas de pierres restantes n’ont pas réussi à satisfaire notre curiosité. Heureusement, notre voyage fut agrémenté par la compagnie de Bart et Lopke, nos deux amis flamands que nous avons retrouvés par le plus grand des hasards sur la petite barque menant à l’île. Nous avons tous les quatre été hébergés in extremis avant la tombée de la nuit chez une famille du coin, formule all inclusive, option toilettes avec vue panoramique sur le ciel étoilé d’une part et le … des ânes d’autre part. La visite de l’île s’est terminée en apothéose puisque nous nous sommes faits arnaquer par la tenancière d’un café qui nous a facturé un yaourt au prix de l’or inca.

Bref, il était vraiment temps de quitter la Bolivie, un pays dont les paysages ont largement comblé nos attentes, mais dont les habitants, malpolis, grincheux et à la fierté mal-placée, nous ont gommé toute envie d’y rester plus longtemps.

Notre entrée au Pérou se fera à Puno, de l’autre côté du lac Titicaca, les péruviens ayant coutume de dire qu’ils ont le côté Titi (puma en quechua) et les boliviens le côté Caca (terme qui se passe de traduction). Sans commentaires… Mais quel soulagement pour nous que de rencontrer des gens gais, qui ne tirent pas des tronches de six pieds de long et au contraire se proposent naturellement de nous aider.

De Puno, nous avons embarqué pour la visite des îles alentours, les îles flottantes des Uros et les îles Amantani et Taquilé, célèbres pour leur population vivant en parfaite autarcie, et dont les traditions, habits et mode de vie ont été totalement préservés de la modernité. Alléchant sur le papier mais ce sera au final la balade la plus touristique que nous ayons jamais faite !

En gros, des bateaux remplis de touristes ne parlant majoritairement pas l’espagnol se déversent quotidiennement chez les insulaires, avec lesquels ils partagent un jour et une nuit. À la loterie des familles, nous sommes tombés sur la plus antipathique de l’île, qui nous adressait à peine la parole, ne souriait jamais et nous laissait manger dans notre coin la spécialité locale, les patates, servies au ptit dej, au déjeuner et au dîner sous toutes leurs déclinaisons. Le summum sera atteint lors de la soirée, au cours de laquelle tous les touristes déguisés en péruviens dansent du rock sur des mélodies répétitives jouées par un orchestre local.

Malheureusement, la trop forte présence des touristes dans cette région a enlevé aux locaux toute curiosité à rencontrer d’autres populations et dénaturé un peu les rapports humains. Mais malgré le refus de communication, nous avons constaté à quel point la vie de ces gens là était difficile. Ni électricité ni au courante, les hommes cultivent la terre et les femmes s’occupent des tâches ménagères et du tissage. Notre séjour en terre inconnue se terminera par une poignée de main sèche avec notre hôte, offensée peut-être qu’on n’ait pas acheté ses bonnets péruviens faits maison, mais que même un lama refuserait de porter.

Le lendemain, nous reprenons le voyage en direction de Cusco, où pour la première fois, le bus que nous empruntons tombe en rade à 45 min de l’arrivée. Il fallait bien commencer l’auto-stop un jour !

14 Commentaires Poster un commentaire
  1. Benjamin Dumont #

    Je vais montrer la photo du lac pipi caca à Arthur et Valentine, je pense que ça va bien les faire rire….

    23 avril 2012
    • Aquiltour #

      Idéal pour animer la conversation de leur prochain dîner…

      25 avril 2012
  2. hajjafatna #

    Jabliya lah b7al ila ghladiti chi chwiya walakin ja m3ak, ou 7ata lbas diyalhoum ja m3ak, raki zina oukhlas, lah ihafdak men chi 3aynin.
    WA7ACHTOUNI AWWWWWWWWWWWWWI

    23 avril 2012
    • meriem2012 #

      Men ketrat maklat errouz ou djaj! Daba rah 3ad rja3t m’en Wahed la randonnée fi lghaba, tayaht chi chwiya

      24 avril 2012
  3. comillaslovers #

    Pipi Caca… on veut voir les Boudins !

    24 avril 2012
    • Aquiltour #

      Nous ne voyons absolument pas de qui vous voulez parler !

      25 avril 2012
  4. hadjsaid #

    ALLAH YAHDI HAMZA , ZINEB, NEZHA Isahmou kamlin bilcomentaire wi tab3oukom.

    ALLAH YARDI 3LIKOM JAMI3AN.

    LES VIEUX.

    25 avril 2012
  5. comillaslovers #

    J’espère quand même qu’après le Titi Caca vous êtes allés sur le Popo (déversoir du lac !)

    25 avril 2012
    • Aquiltour #

      N’en jetez plus !

      25 avril 2012
  6. hajjafatna #

    fadalna nsefto lik tsawar kdam bach tab9a 3andak nadra meziana lianna daba chrafna bezaf

    25 avril 2012
    • meriem2012 #

      Khemssa ou khmiss y’a guamil

      25 avril 2012
  7. comillaslovers #

    Pour faire plus « classe » : Lectures transatlantiques de Michel Butor
    Ramper avec le serpent / se glisser parmi les lignes / rugir avec la panthère /
    interpréter moindre signe /
    se prélasser dans les sables / se conjuguer dans les herbes / fleurir de toute sa peau
    Plonger avec le dauphin / naviguer de phrase en phrase / goûter le sel dans les voiles / aspirer dans le grand vent
    la guérison des malaises / interroger l’horizon sur la piste d’Atlantides
    Se sentir pousser des ailes / adapter masques et rôles / planer avec le condor /
    se faufiler dans les ruines
    Caresser des chevelures / brûler dans tous les héros / s’éveiller s’émerveiller

    25 avril 2012
  8. Sadeck #

    Bonjour les jeunes,

    Vos photos donnent trop le sem (jalousie), mais elles sont magnifiques.
    Franchement la tronche de Meriem avec les habits de Candy (tenue Bolivienne ou Péruvienne), c’est à pleurer de rire. Des fois je me réveille au milieu de la nuit et j’en rigole. Ma gamine a vu la photo, et depuis ce jour elle refuse de s’alimenter…
    Je plaisante biensur.

    Profitez en bien (ça semble être le cas).
    Salam

    4 mai 2012
    • meriem2012 #

      Salam l’hami! Ne rêve pas trop de moi quand même tu vas rendre Nora jalouse!

      5 mai 2012

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